’est ce qui ressort de la lecture d’un article publié récemment sur le site Publishing 2.0. Ce texte évoque le développement de l’initiative OpenSocial, portée par Google, mais rejointe par la plupart des acteurs du domaine, à l’exception notable deFacebook. OpenSocial est une interface de programmation standard permettant de développer des applications pour réseaux sociaux interopérables (pour l’instant Myspace, Ning, Orkut, Linked in, Viadeo,...).
Pourquoi Facebook refuse-t-il de rejoindre OpenSocial ? Parce que ses fonctionnalités sont relativement indifférenciées et qu’il ne peut donc augmenter ses utilisateurs qu’en les enfermant sur une plate-forme non-interopérable. Autrement dit, Facebook apporte peu de valeur ajoutée hormis le fait d’exister et d’être une des plus importante base d’utilisateurs au monde. Ainsi, le fameux effet de réseau qui démultiplie la valeur d’une application en fonction de l’importance du nombre de personnes qui l’utilise ne doit pas faire oublier qu’il doit y avoir un service à la base ; le réseau en soi ne suffit pas.
Que font ensemble les utilisateurs de Facebook ? Ils communiquent. Est-ce suffisant ? Peut-être pas. C’est la conclusion que l’on pourrait retenir de cet article qui corrobore le point de vue d’autres analystes pointant les difficultés à venir de la plus célèbre des plate-formes. Les réseaux sociaux sont-ils pour autant condamnés ? Certainement pas car on ne peut qu’être étonnés de la multiplication de plate-formes appliquées à des usages particuliers. On connaissait déjà Flickr, plate-forme de partage de photos qui regroupe des millions d’utilisateurs autour d’une passion commune. On voit maintenant apparaître des plate-formes tirant parti de manière très astucieuse de la notion de réseau social. Ainsi l’étonnant Inpowr, plate-forme de développement personnel, permettant à ses utilisateurs de se prendre à témoin et de s’encourager mutuellement dans la voie qui les conduira vers le plus parfait épanouissement. Plus appliquées encore, une plate-forme comme Babbel, consacrée à l’apprentissage des langues, permet à ses membres de former des binômes avec les locuteurs dont ils ont besoin pour progresser. A un autre niveau,Ning se présente comme une matrice de réseaux sociaux, permettant à tout un chacun de créer et développer sa propre plate-forme autour du sujet qui l’intéresse....et d’y ajouter ses propres applications grâce à OpenSocial.
Si l’on ajoute maintenant le développement de plate-formes spécialisées à l’usage d’une interface de programmation quasi-universelle et aux récentes initiatives de gestion unique de l’identité numérique (OpenID, Data Portability), on commence à pouvoir entre-apercevoir ce qui pourrait être le futur des réseaux sociaux ; bien plus intéressant, il faut bien le dire, que le modèle Facebook : une multiplicité de plate-formes à la fois ouvertes et très spécialisés, orientées par des centres d’intérêt et des activités bien précises, agrégeant d’un côté des individus gérant leur identité numérique en amont de leur participation à telle ou telle plate-forme, et de l’autre par des applications développées de manière transversale. Le plus étonnant, si cette évolution se confirme, est bien la puissance du modèle des réseaux numériques qui, de l’Internet 0.0 qu’était Arpanet jusqu’au 2.0 que représentent les plate-formes de réseaux sociaux impose sa marque et ses lois contre tout autre type d’initiative : décentralisation, ouverture, standardisation de fait, émergence d’un écosystème fondé sur la différenciation des éléments qui le constituent.
date de publication:
28 mars 2008
source:
ecommoditizing Social Networks By Connecting User Profiles Via OpenSocial

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Responsable éditorial d’Homo Numericus