vant les loisirs, c’est la vie professionnelle qui a été le plus profondément modifiée par la révolution numérique : l’environnement de bureau ne ressemble plus du tout à ce qu’il pouvait être il y a encore vingt ans. Plusieurs articles publiés cette semaine indiquent que la révolution est loin d’être finie.
C’est d’abord la grande affaire de la normalisation du format de documents Open XML proposé par Microsoft dont Homo Numericus s’est fait l’écho. Son échec temporaire annonce peut-être la fin du monopole de cette société sur les logiciels bureautiques. En tout cas, un de ses concurrents les plus menaçants, la suite Open Office, vient de voir sa côte de popularité encore monter, avec l’annonce d’un soutien officiel de la part de la société IBM. Big blue va ainsi distribuer la suite bureautique avec ses propres produits, et participer aux développements entrepris au sein de la communauté Open Office. Cette information confirme ce qu’on sentait depuis quelque temps : le marché des outils bureautiques est en train de sortir de la léthargie dans laquelle plus d’une décennie de monopole l’avait plongé. Avec la certification ISO du format de documents ODF et l’apparition de logiciels pouvant sérieusement faire concurrence à Microsoft Office, la situation semble bien pouvoir évoluer vers un meilleur équilibre de marché en termes de concurrence.
Mais les jeux ne sont pas faits. Car le développement des technologies Web est à l’origine d’une multitude de services bureautiques en ligne. Des suites comme Zoho, Contact Office ou Google docs permettent aujourd’hui d’utiliser un traitement de texte, un tableur et d’autres outils directement à l’intérieur de son navigateur. Les entreprises risquent fort de s’intéresser de très près à ce type d’outils, qui ne nécessitent pas d’installation, sont simples d’utilisation et gratuits pour la plupart d’entre eux. Christian Fauré montre ainsi sur son blog, qu’il est possible de conduire des projets collaboratifs en utilisant toute une palette de services de ce type.
Les outils influent eux-mêmes sur les usages. Car ces logiciels en ligne tirent bien mieux partie de leurs fonctions collaboratives, puisqu’il sont en réseau, que ne le font les logiciels classiques installés. On peut dès lors se demander s’ils n’annoncent pas une véritable évolution dans les relations de travail, qui seraient moins hiérarchiques et rigides, et plus horizontales et collaboratives. C’est ce qui semble se dessiner en tout cas à la lecture du compte rendu qu’Edgar Pisani publie sur Transnet de la conférence Office 2.0 qui s’est récemment déroulée à San Francisco. L’évolution est surtout perceptible dans les petites entreprises semble-t-il, mais les grandes, où les résistances sont plus fortes pour d’évidentes raisons bureaucratiques, semblent exposées elles aussi à ces changements. Et ce sont les individus qui les introduisent. Utilisateurs d’applications Web 2.0 pour leurs loisirs, ils cherchent à retrouver le même type de relations au sein de leur environnement de travail, constate-t-on, malgré les résistances des directions informatiques, évidemment.
date de publication:
11 septembre 2007
source:
Transnet

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Responsable éditorial d’Homo Numericus