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YouTube : un modèle économique illégal ?

mercredi 21 mars 2007

Un milliard de dollars de dommages et intérêts. Une injonction de cesser de violer les droits d’auteur à l’avenir. C’est ce que réclame Viacom, le géant des médias américains. Mardi 13 mars, Viacom a déposé plainte contre YouTube pour « violation massive et intentionnelle des droits d’auteur ». Depuis que Google a racheté YouTube en octobre dernier, le géant des médias en ligne a tenté de conclure des accords avec les majors afin de pouvoir diffuser leur contenu sur son site de partage vidéo. Les tensions entre nouveaux et anciens médias sont désormais apparentes.

Dans un communiqué de presse, Viacom (MTV, Paramount, DreamWorks, Comedy Central, Nickelodeon, etc.) accuse Google de développer un « modèle économique clairement illégal », exploitant la dévotion des fans et bénéficiant de recettes publicitaires en partie induites par du contenu piraté. Environ 160 000 vidéos du contenu de Viacom auraient été mises en ligne sur le site de partage vidéo et visionnées plus de 1,5 milliards de fois. Dans la bataille économico-philosophique que se livrent les nouveaux médias et les industries du divertissement, Viacom lance une offensive qui pourrait se révéler décisive pour le futur de la distribution de contenu audiovisuel en ligne.

Google ne cache pas son ambition de devenir le leader de la vidéo en ligne, à l’image de l’iTunes Store d’Apple pour la musique. La vaste audience de YouTube combinée à sa maîtrise de la publicité en ligne représentent pour Google un commerce lucratif, dont il envisage de partager les revenus avec les grandes industries des médias et autres créateurs de contenu. YouTube a déjà noué plus de mille partenariats de diffusion (avec notamment la BBC, CBS, Fox, NBC Universal, Time Warner et la NBA).

Certaines majors ont ainsi autorisé la diffusion légale de leur contenu sur YouTube en échange d’un partage des revenus publicitaires. Elles préfèrent trouver un accord pour une compensation financière car le célèbre site de partage vidéo demeure un formidable outil promotionnel. Mais les accords sont difficiles à finaliser et la prolifération sur YouTube de vidéos protégées par les droits d’auteur ne fait qu’augmenter la colère des majors. Celles-ci doivent en effet quotidiennement passer en revue tous les clips en ligne sur YouTube pour voir si leur contenu en fait partie.

Google veut devenir le fer de lance d’une révolution des modes de consommation et de distribution vidéo. Mais Viacom revendique désormais sa part du gâteau. Avec l’essor de la publicité en ligne, l’enjeu est de taille. Il s’agit d’attirer la nouvelle génération de clients, d’aller là où va l’audience.

D’un point de vue légal, le Digital Millennium Copyright Act de 1998 (DMCA) interdit le contournement des mesures techniques de protection (tout comme la loi DADVSI en France). Cependant, un amendement (le « Safe Harbor ») protège les sites Internet qui contiennent du contenu pirate posté par les utilisateurs, tant que les sites le suppriment immédiatement sur demande de l’ayant droit. Le verdict de cette action en justice, si cela va jusqu’au procès, dépendra de l’interprétation de cet amendement.

Google affirme être protégé par le DMCA. Viacom est persuadé du contraire. La compagnie affirme qu’à la différence des fournisseurs d’accès à Internet, qui n’ont vraiment aucune idée de ce qui circule à travers leur réseau, Google est en contact direct avec ses clients. D’un côté, rien ne prouve que YouTube encourage les internautes à violer les droits d’auteur. Google a également toujours réagi promptement lorsque les ayants-droit le lui ont demandé. D’un autre côté, le bénéfice financier que Google tire de ce modèle économique peut très bien jouer en sa défaveur.

Cette bataille est le symptôme d’une guerre que se livrent anciens et nouveaux médias, deux points de vue différents sur le développement d’Internet. Ceux qui veulent créer des logiciels pour permettre aux individus et entreprises de communiquer et évoluer, et ceux qui veulent garder le contrôle d’un contenu qu’ils ont créé et dans lequel ils ont investi beaucoup d’argent.

Prenons l’exemple de l’industrie du disque. Les innovations sont venues des entreprises logicielles. Avec son lots de ratés, comme Napster. Les majors ont quant à elles réagi avec un temps de retard. Et si le téléchargement illégal semble avoir diminué, c’est moins par peur du procès que grâce au développement d’une offre légale créative et adaptée à la demande.

Messages

  • Les Majors ont ratés leur virage numérique en ne prévoyant pas un tel essor des sharings, ils ont tout interêt a adopté la même posture que l’industrie du disque, c’est à dire plutôt que de multiplier les scandales et procès (même si ils arrive à faire fermer un site un autre apparaitra...)ils ferainet mieux de se poser les bonnes questions et de proposer des offres bon marché et de bonnes qualité, sinon ils ne pourront jamais lutter...

    Voir en ligne : http://gjoseph.canalblog.com

  • Bon probablement que les majors et Viacom devrait négocier pour avoir des droits...

    Par contre ici quand on parle de droits d’auteurs... Il faudrait faire des nuances...

    On parle pas d’AUTEURS mais de MARCHANDS... De droits de commercialisation eux ils ont investi d’accord ils devraient avoir des droits mais ceux-ci ne devraient pas être éternels et illimités...

    Les véritables auteurs sont les artistes, les auteurs, compositeurs, interprètes, les musiciens, les photographes ou autres...

    Et avec les copyright et tout il y a comme un genre de Far West aussi... Comment cela ?

    Certains utilisent des expressions populaires et transforment cela en marques déposées... Ce qui appartenait à tous leur appartient maintenant...

    Il faut distinguer un marchand de tapis d’un auteur... Ce qui ne veut pas dire que les producteurs et autres ne doivent pas avoir de droits mais que l’on arrête d’appeler cela des droits d’auteurs... Lorsqu’il n’y a pas de création de leur part...

    Il peut y avoir des investissements dans le travail des créateurs et il est normal qu’ils aient un espoir raisonnable de faire des profits... Mais qu’ils ne viennent pas s’approprier le travail des auteurs... Des artistes...

    Et la culture se doit d’être partagée pour rayonner...

    Bon il faut adapter les lois pour faire toutes ses différences là... Et de permettre aux gens de faire certaines copies privées ou de mettre en ligne des extraits...

    Certaines choses devraient entrer dans le domaine public plus rapidement... Mais comme Youtube fait de l’argent avec cette publicité là... Il est normal qu’il partage avec certains ayant droit sur les vidéos... Mais où sont les parts à être versées aux véritables créateurs ?