Homo Numericus en bref http://www.homo-numericus.net/ Toutes les news du site Homo Numericus fr Homo Numericus http://www.homo-numericus.net/IMG/ruboff0.gif http://www.homo-numericus.net/ Parution : L'entonnoir. Google sous la loupe des SIC http://www.homo-numericus.net/spip.php?breve999 2009-06-14 15:01:04 <p>Google est une entreprise jeune. Elle est pourtant l'objet d'une longue série de publications visant à encenser, dénoncer, mieux comprendre quelquefois le succès foudroyant du célèbre moteur de recherche mondial.</p> <p>Dernier ajout sur la liste de cette déjà longue « googlographie », <i>L'entonnoir</i> vise à analyser le système Google du point de vue des <span class='spip_document_2145 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:93px;'> <img src='http://www.homo-numericus.net/IMG/jpg/couv_entonnoir.jpg' width="93" height="150" alt="" /></span>sciences de l'information et de la communication. Traditionnellement définie comme une « inter-discipline » plutôt que comme une discipline, l'« infocom » a cette particularité de permettre le développement d'analyses alliant plusieurs niveaux : technologiques, sémiotiques, et sociologiques. C'est en tout cas ainsi que se présente cet ouvrage collectif, et c'est ce qui en fait certainement la richesse. Car ce sont à la fois les technologies de traitement de l'information qui y sont analysées, et les usages de recherche d'information (en particulier dans les publics étudiants), mais aussi l'interface elle-même, sans oublier le « discours » produit par l'entreprise Google Inc. à destination de ses utilisateurs, salariés, actionnaires.</p> <p>Quant aux usages de recherche d'information en milieu étudiant, les deux chapitres qui y sont consacrés rappellent utilement que la maîtrise pratique des nouvelles technologies par les jeunes générations, dites « de l'Internet », ne s'accompagne pas de compétences informationnelles qui pourraient leur permettre à la fois de contextualiser, mais aussi de classer, qualifier ou affiner l'information retournée par les outils de recherche utilisés.</p> <p>Une partie centrale de l'ouvrage, très intéressante, interroge la notion de pertinence sur laquelle repose l'algorithme de classement qu'utilise Google. Intitulé « Pagerank : entre sérendipité et logiques marchandes », ce chapitre a le mérite de replacer ce fameux algorithme dans une histoire plus longue, qui trouve ses origines dans les travaux d'Eugene Garfield dans les années 60. Les liens qui unissent, dans les sciences de l'information, le développement de la scientométrie en particulier avec le Pagerank de Google sont propres à éveiller l'attention. De la même manière, le place centrale qu'occupe dans ces mêmes disciplines, et chez Google tout autant, la notion de sérendipité, ou l'art de trouver ce que l'on ne cherche pas, sont passionnants.</p> <p>Une dernière partie tente d'analyser, de manière moins convaincante, pensons-nous, le « discours » que la firme de Mountain View déploie autour de son activité. C'est évidemment le célèbre « don't be evil » qui fait ici l'objet d'analyses détaillées, mais aussi l'affirmation à vouloir organiser l'information mondiale, tout autant que d'autres éléments de la « philosophie en dix points » de Google. Il est un peu dommage qu'au cours de toute cette partie, on oublie passablement qu'une bonne part des déclarations prises sous la loupe de l'analyse relèvent quand même de l'argumentaire commercial, voire publicitaire, et qu'en tout état de cause, elles ne peuvent pas être prises au pied de la lettre - à moins de le faire aussi pour tous les discours publicitaires, et dans ce cas le monde devient effectivement très effrayant.</p> <p>Très utile et éclairant en ce qui concerne le moteur de recherche Google, l'ouvrage est un peu rapide, et c'est dommage, sur l'univers d'applications et de services qu'offre la firme à ses utilisateurs (courrier, calendrier, éditeur bureautique, plateforme de vidéos, réseau social, blogs, régie publicitaire, cartographie et photographie topographique, et ainsi de suite), en train de se construire par interrelations de plus en plus importantes, et qui fait que le moteur de recherche n'est plus qu'un élément parmi d'autres dans l'« univers Google ». Si cet univers est finalement moins analysé que le moteur de recherche lui-même au coeur de l'ouvrage, il fait pourtant l'objet des deux textes qui ouvrent et terminent l'ouvrage ; a savoir d'une part la préface de l'éditeur, lui aussi enseignant-chercheur en sciences de l'information et de la communication, et d'autre part, la conclusion, sous la forme d'une courte fiction d'anticipation.</p> <p>Celle-ci, rédigé par le célèbre auteur de science-fiction, Corry Doctorow, et traduite en français pour l'occasion, présente un futur de cauchemar où toutes les informations personnelles accumulées par la firme du fait d'une utilisation globale et intensive sur tout un chacun est mis au service du gouvernement américain et de sa paranoia anti-terroriste. Tous suspects, sur la base des traces d'usages que nous laissons via nos requêtes de recherche d'information ou la publicité contextuelle qui accompagne nos messages électroniques, tel est le message de cette nouvelle intitulée Scroogled.</p> <p>Là peut-être réside un point de débat qui pourrait être ouvert avec les auteurs de cet ouvrage, qui se présente, par ces textes liminaires et conclusifs, comme un signal d'alarme sur les dangers que Google fait peser sur rien moins que la liberté d'expression, le respect de la vie privée, mais aussi, finalement, le pluralisme des représentations du monde. Or, la nouvelle de Doctorow est révélatrice : écrite en 2007, sous le second mandat de Georges Bush, elle peut autant être lue comme une dénonciation de la concentration de toutes nos informations personnelles entre les mains de Google, que comme une anticipation de ce que cette concentration peut entraîner lorsqu'elle est conjuguée à une politique intrusive, paranoïaque et mettant gravement en cause les droits de l'Homme, comme celle qu'a menée l'administration Bush, en particulier après le 11 septembre. Autrement dit : cette nouvelle dénonce-t-elle vraiment le pouvoir de Google ? ou tout autant celui d'un état policier, qui peut effectivement voir en Google une base de données particulièrement utile à ses agissements ? La question est importante, parce que de sa réponse dépend évidemment l'orientation de l'action destinée à écarter ces dangers.</p> <p><strong>B. Simonnot et G. Gallezot (dirs.) <i>L'entonnoir. Google sous la loupe des sciences de l'information et de la communication</i>. c&f éditions. Caen. 2009</strong></p> 2009-06-14T22:01:04Z text/html fr Sciences Po inaugure son Médialab http://www.homo-numericus.net/spip.php?breve998 2009-05-21 00:00:46 <p>Lors de son arrivée à la direction de la recherche de Sciences Po, le sociologue français Bruno Latour a souhaité mettre en place une structure innovante articulant recherche en sciences humaines et technologies numériques. Lui donner le nom de Médialab n'est pas anodin, puisqu'il reprend l'intitulé du <a href='http://www.media.mit.edu/' class='spip_out'>fameux Media lab</a> développé aux Etats-Unis par Nicolas Negroponte au sein du MIT. Le programme d'activité des deux laboratoires est cependant assez différent, puisqu'au MIT, ce sont essentiellement les sciences de l'information (<i>computer studies</i>) et la communication qui sont concernées. Du côté de Sciences Po, les moyens mobilisés ne peuvent évidemment pas être de même niveau, mais surtout ils sont orientés différemment. La petite équipe rassemblée par Latour veut s'investir sur trois axes principaux : tout d'abord un renouvellement des méthodes quantitatives des sciences sociales, fondée notamment sur l'étude de la traçabilité des interactions sociales. Ainsi, le Médialab compte se lancer dans un travail de cartographie du cyberespace, en coopération notamment avec l'association <a href='http://www.webatlas.fr/' class='spip_out'>Webatlas</a> qui développe le logiciel Navicrawler. Autre point important dans ce programme : l'évaluation de la recherche qui est très débattue en ce moment. Bruno Latour a joué un rôle non négligeable dans le développement en France des techniques scientométriques mobilisées par les questions d'évaluation. Il n'est donc pas étonnant de la retrouver ici aussi, avec la volonté implicite de déserrer l'étau dans lequel elle est aujourd'hui enfermée, pour ou contre Shangaï. C'est à un renouvellement des méthodes pédagogiques que le Médialab va enfin travailler, par l'utilisation des technologies de l'information et de la communication. C'est le cas en particulier des <i>serious games</i>, ces jeux de simulation qui permettent de développer de nouvelles méthodes pédagogiques, sur lesquels il lance un programme de recherche. Coïncidence ? La secrétaire d'Etat au développement de l'économie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet vient d'annoncer le <a href='http://www.premier-ministre.gouv.fr/chantiers/politique_numerique_1308/volet_numerique_plan_relance_63330.html' class='spip_out'>lancement d'un appel d'offre financé à hauteur de 30 millions d'euros sur ce sujet précis</a>, au titre du volet numérique du plan de relance.</p> <p>Après plusieurs mois de gestation, menés par sa chargée de mission Valérie Pihet, le Médialab est doc enfin lancé officiellement. A cette occasion, Sciences Po organise une semaine d'événéments entre le 25 et le 28 mai 2009. Et le programme est plutôt alléchant. En voici le détail :</p> <p><strong>Lundi 25 mai</strong> <br />16:00 – 19:00 / médialab et Amphithéâtre Jean Moulin <br />Des Mots, des Liens et des Acteurs : Ingénierie pour les Sciences Humaines à l'heure des réseaux <br />Web Atlas - Association de recherche en Sciences des Réseaux/Paris Methods in Media <br />Richard Rogers - Govcom.org - Foundation dedicated to creating and hosting political tools on the Web</p> <p><strong>Mardi 26 Mai</strong> <br />19:15 – 21:00 / Amphitéâtre Jean Moulin <br />Observing Networked Politics <br />Yochai Benkler - Berkman Professor of Entrepreneurial Legal Studies-Harvard / Co-director of the Berkman Center for Internet and Society</p> <p><i>Mercredi 27 mai</i> <br />17:00 – 19:00 / médialab <br />Présentation des partenaires du médialab et des projets en cours</p> <p><strong>Jeudi 28 mai</strong> <br />19:00 – 21:00 / Amphithéâtre Jean Moulin <br />World Information City <br />Konrad Becker - World-Information.org <br />Future Cities <br />Carlo Ratti - SENSEable City Laboratory – MIT</p> <p>L'ensemble des événements se déroule au 13, rue de l'Université, Paris 7ème</p> 2009-05-21T07:00:46Z text/html fr Le téléphone est-il l'avenir du numérique ? http://www.homo-numericus.net/spip.php?breve997 2009-05-19 15:20:59 <p>C'est ce qu'on pourrait penser à la lecture des nombreux articles qui exposent tout à la fois l'arrivée sur le marché de nouvelles machines plus performantes, mais aussi le développement de nouvelles application porteuses de nouvelles fonctionnalités, et enfin l'explosion de nouveaux usages toujours plus variés.</p> <p>Du côté des machines tout d'abord.</p> <p>C'est incontestablement l'arrivée de l'Iphone qui a créé un phénomène de rupture sur le marché. Très différent - en taille, en ergonomie, de ses concurrents, la machine proposée par Apple a provoqué dans le secteur du téléphone portable le même bond en avant que la Macintosh dans celui de l'ordinateur personnel en 1984, et l'Ipod pour les lecteurs portables de musique quelques décennies plus tard. On pouvait pourtant être sceptique sur la capacité de la firme de Cuppertino à prendre pied dans un domaine où des poids lourds industriels - Nokia, Motorola, Mitsubishi- étaient installés depuis longtemps. Aujourd'hui, on apprend qu'Apple s'apprête à concevoir et produire ses propres puces afin d'avoir la maîtrise sur leurs adaptation au produit qui les contient.</p> <p>Kane, Yukari, et Don Clark. “In Major Shift, Apple Builds Its Own Team to Design Chips - WSJ.com.” <i>Wall Street Journal</i>, Avril 30, 2009. <a href='http://online.wsj.com/article/SB124104666426570729.html' class='spip_out'>http://online.wsj.com/article/SB124...</a>.</p> <p>L'Iphone n'a pas réussi à s'imposer en étant meilleur que ses concurrents. Ni sur le plan technique (il ne brille gère par ses performances en matière de téléphonie), ni par son prix, très élevé. L'Iphone s'est bien plutôt imposé en changeant le concept même de téléphone portable, qui ne sert aujourd'hui plus seulement à parler de vive voix à ses correspondants, mais aussi, et parfois d'abord, à faire bien d'autres choses.</p> <p>On connaissait le SMS. Jean-Marc Manach, dans <i>Internet Actu</i> nous montre à quel point cette fonctionnalité joue un rôle important pour l'appropriation du téléphone portable dans les pays du sud.</p> <p>Manach, Jean-Marc. “Les pays pauvres réinventent le SMS, et l'avenir des mobiles | InternetActu.net.” <i>Internet Actu,</i> Mai 4, 2009. <a href='http://www.internetactu.net/2009/05/04/les-pays-pauvres-reinventent-le-sms-et-lavenir-des-mobiles/#' class='spip_out'>http://www.internetactu.net/2009/05...</a>.</p> <p>On connait la fonction d'appareil photo ou de mini-caméra qui permet à tout un chacun d'immortaliser une scène dont il est témoin, à l'exemple de l'atterrissage catastrophe du Boeing d'US Airways dans l"Hudson au mois de janvier dernier. Les images prises sur le vif par des témoins anonymes avaient été instantanément diffusées sur un Internet via Twitter en particulier (et le service associé <a href='http://twitpic.com/' class='spip_out'>Twitpic</a>). Ici, la connexion 3G dont bénéficient aujourd'hui un grand nombre de téléphones portables change la donne de l'usage de ces appareils.</p> <p>Lamont, Ian. “Plane lands on the Hudson, and Twitter documents it all.” <i>Computerworld</i>, Janvier 15, 2009. <a href='http://www.computerworld.com/action/article.do?command=viewArticleBasic&articleId=9126181&intsrc=hm_list' class='spip_out'>http://www.computerworld.com/action...</a>.</p> <p>Et l'Iphone ne manque pas de bénéficier de ce type de connexion (outre une connexion wifi peu courante sur ce type de machine) pour inciter ses utilisateurs à s'en servir pour bien autre chose que téléphoner. Ils peuvent s'en servir pour lire par exemple. Des livres. C'est en effet la grande surprise de ces derniers mois : alors que le monde de l'édition ne bruissait que des e-book reader, ces tablettes électroniques reposant sur l'utilisation des technologies d'encre électronique - Cybook de Bookeen, Reader de Sony, Irex d'Iliad, voire Kindle d'Amazon, c'est en réalité l'Iphone qui a créé la surprise en se positionnant comme un excellent outil de lecture L'application <a href='http://www.lexcycle.com/' class='spip_out'>Stanza</a> qui permet de transformer son téléphone en véritable tablette de lecture a joué un rôle important dans cette évolution. Si bien qu'aujourd'hui nous apprend le site <i>Actualitté</i>, le téléchargement d'e-books prend une part considérable parmi toutes les applications téléchargées dans l'App store d'Apple.</p> <p>Actualitté. “AppStore : La croissance des ebooks explose les autres applications.” <i>Actualitté</i>, Avril 20, 2009. <a href='http://www.actualitte.com/actualite/9796-ebook-application-appstore-croissance-telechargement.htm' class='spip_out'>http://www.actualitte.com/actualite...</a>.</p> <p>Mieux, une application permet désormais de lire sur son iphone les fichiers que l'on aura téléchargé pour son Kindle, signe de la capacité qu'a la petite machine de phagocyter éventuellement les écosystèmes développés par d'autres.</p> <p>Svensson, Peter. “TECH TEST : Kindle e-book reader for the iPhone.” <i>The Daily News</i>, Avril 11, 2009. <a href='http://www.thedailynewsonline.com/articles/2009/04/11/lifestyles/5376498.txt' class='spip_out'>http://www.thedailynewsonline.com/a...</a>.</p> <p>Nous ne sommes sans doute pas au bout de nos surprises, car en se dotant de moyens de capture de l'information comme un objectif photographique et une caméra, puis en ajoutant la connexion à Internet à la communication par voix, le téléphone a ajouté bien des possibilités d'usages nouveaux à ceux qu'on lui connaissait. Mais il ne fait pour l'instant pas grand chose d'une dimension pourtant évidente : celle de la localisation, que ce soit par rapport aux antennes-relais, ou, avec plus de précision, en enbarquant un système GPS. Un article du New York Times montre de manière très convaincante comment l'exploitation simultanée de toutes les fonctionnalités du téléphone avec la géoloalisation conduira celui-ci a être le vecteur de construction d'une « réalité augmentée » par laquelle l'utilisateur bénéficiera d'information supplémentaires sur son environnement physique immédiat.</p> <p>Markoff, John. “The Cellphone, Navigating Our Lives.” <i>The New York Times</i>, Février 17, 2009, sec. Science. <a href='http://www.nytimes.com/2009/02/17/science/17map.html' class='spip_out'>http://www.nytimes.com/2009/02/17/s...</a>.</p> <p>La révolution promise du téléphone peut fasciner. Elle ne permet pas d'occulter les quelques revers de la médaille. D'abord, sur le plan sanitaire, l'utilisation permanente, partout et tout le temps de ces appareils multiplient les émissions d'onde dont on ne connaît pas exactement la nocivité. L'organisation en ce moment même d'un « Grenelle des ondes » en présence notamment de l'association Robins des toits manifeste clairement les limites éventuelles que l'on pourrait imposer à ce développement.</p> <p>Guerrier, Philippe. “Grenelle des ondes : les antennes-relais restent un sujet sensible.” <i>Vnunet</i>, Mai 19, 2009. <a href='http://www.vnunet.fr/news/grenelle_des_ondes_les_antennes_relais_restent_un_sujet_sensible-2030821' class='spip_out'>http://www.vnunet.fr/news/grenelle_...</a>.</p> <p>Sur un tout autre plan, certains s'inquiètent - ont-ils tort ? - du développement de l'usage presque exclusif du téléphone portalbe pour accéder à Internet. Car si le téléphone permet de recevoir de l'information dans de bonnes conditions, il ne permet d'en émettre avec autant de facilité qu'un ordinateur équipé d'applications d'édition de contenus et d'une disposition matérielle plus confortable. Bref, ce qui est dénoncé, c'est clairement une évolution vers un Minitel 2.0, bien loin des principes « génératifs » pour reprendre le terme proposé par Jonathan Zittrain dans son ouvrage <i><a href='http://futureoftheinternet.org/' class='spip_out'>The Future of Internet</a></i>.</p> <p>Manach, Jean-Marc. “Le web mobile sera-t-il plus qu'un Minitel amélioré ? | InternetActu.net.” <i>Internet Actu</i>, Mars 27, 2009. <a href='http://www.internetactu.net/2008/03/27/le-web-mobile-sera-t-il-plus-quun-minitel-ameliore/' class='spip_out'>http://www.internetactu.net/2008/03...</a>.</p> <p>Si c'était le cas, la montée en puissance du téléphone comme objet communiquant multi-usages signifierait très clairement un changement significatif par rapport aux promesses que pouvaient présenter les réseaux de communication numériques il y a quelques années encore.</p> 2009-05-19T22:20:59Z text/html fr Les ambiguïtés du président Obama http://www.homo-numericus.net/spip.php?breve996 2009-02-01 16:52:59 <p>L'arrivée au pouvoir de Barack Obama est synonyme d'espoir de changements pour la plupart des Américains. Cela concerne aussi la politique en matière de technologies. Le nouveau président a en effet annoncé une réorientation qui concerne pour l'essentiel l'environnement et les technologies vertes, mais aussi tout ce qui touche au numérique.</p> <p>Si Bill Clinton s'était montré, avec son colistier Al Gore, très volontariste dans le développement d'Internet, sa politique n'a pas été dénuée d'ambiguïtés, notamment sur la question du copyright, où les lobbies des industries culturelles ont pu imposer des lois qui leur sont très favorables, comme le DMCA. La politique de Georges Bush ne fut pas marquée de la même ambiguïté : on en retiendra une diminution considérable des libertés publiques, surtout en matière de surveillance, du fait de la vague sécuritaire qui a suivi le 11 septembre 2001.</p> <p>Beaucoup de ceux que l'on pourrait qualifier de « techno-libéraux », partisans du logiciel libres, des standards ouverts, du libre accès et plus généralement de la libre circulation des biens culturels, les partisans enfin d'un mode de gouvernance plus transparent et délibératif ont voulu voir dans l'élection d'Obama la promesse d'une nouvelle politique numérique davantage favorable à leur opinion.</p> <p>Ce fut d'abord la mise en oeuvre d'une campagne très web 2.0 où les réseaux sociaux ont joué un rôle non négligeable.</p> <p><i>Piotrr. “D'Obama à Royal : les mutations de la communication politique.” Homo Numericus, Novembre 17, 2009. <a href='http://www.homo-numericus.net/spip.php?breve991' class='spip_out'>http://www.homo-numericus.net/spip....</a>.</i></p> <p>La mise en place du site Change.gov, pendant la période de transition entre les élections et la nomination a donné le ton d'une présidence s'annonçant à l'écoute des citoyens et de leurs préoccupations.</p> <p><i>Ratcliff, Evan. “The Wired Presidency : Can Obama Really Reboot the White House ?.” Wired, Janvier 19, 2009. <a href='http://www.wired.com/politics/onlinerights/magazine/17-02/ff_obama?currentPage=all' class='spip_out'>http://www.wired.com/politics/onlin...</a>.</i></p> <p>Ce fut ensuite des signes forts, comme la nomination de Harold Varmus pour co-diriger le President's Council of Advisors on Science and Technology. Varmus est un des créateurs de la Public Library of Science, une des initiatives les plus réussies à ce jour dans le domaine du libre accès aux publication scientifiques.</p> <p><i>Peter Suber. “Varmus to lead Obama's science advisory council.” Text. Open access news, Décembre 21, 2009. <a href='http://www.earlham.edu/~peters/fos/2008/12/varmus-named-to-obamas-science-advisory.html' class='spip_out'>http://www.earlham.edu/~peters/fos/...</a>.</i></p> <p>ou encore la commande auprès de Scott Mc Neally, président de Sun, une entreprise fortement engagée dans le logiciel open source, d'une étude sur ce sujet. Aura-ton droit à un président Open Source, se demande franchement le site de la BBC ?</p> <p><i>Shiels, Maggie. “Calls for open source government.” BBC, Janvier 21, 2009, sec. Technology. <a href='http://news.bbc.co.uk/2/hi/technology/7841486.stm' class='spip_out'>http://news.bbc.co.uk/2/hi/technolo...</a>.</i></p> <p>Et que dire de la publication sous licence Creative Commons de tous les contenus disponibles sur le site de la Maison Blanche, exemple à suivre, semble-t-il, pour toutes les administrations fédérales, sommées de rendre publiques toutes les données dont elles disposent dans les limites normales de confidentalité ?</p> <p><i>Benenson, Fred. “Whitehouse.gov's 3rd Party Content Under CC-BY.” Creative Commons, Janvier 20, 2009. |-><a href='http://creativecommons.org/weblog/entry/12267' class='spip_out' rel='nofollow'>http://creativecommons.org/weblog/e...</a>]</i></p> <p>Jusqu'au fichier robots.txt du site de la Maison Blanche qui fut interprété comme une manifestation supplémentaire de cette volonté d'ouverture, ici aux moteurs de recherche, permettant une meilleure indexation des contenus publiés sur le site.</p> <p><i>Gflu. “Le robots.txt d'Obama.” aeiou, Janvier 21, 2009. <a href='http://www.fluctuat.net/blog/15582-Le-robots-txt-d-Obama' class='spip_out'>http://www.fluctuat.net/blog/15582-...</a>.</i></p> <p>Hélas, il fut vite démontré que la modification de ce fichier ne correspondait en rien à une volonté politique, mais n'était en réalité qu'un acte technique rendu nécessaire par la mise à jour du site.</p> <p><i>McCullagh, Declan. “Much ado about Whitehouse.gov's new openness.” CNET News, Janvier 21, 2009. <a href='http://news.cnet.com/8301-13578_3-10146802-38.html?tag=mncol;title' class='spip_out'>http://news.cnet.com/8301-13578_3-1...</a>.</i></p> <p>La (mini-)affaire du robots.txt manifeste un certain emballement d'un enthousiasme certainement exagéré.</p> <p>Ainsi, les espoirs suscités par le nomination de Varmus pour les sciences, furent rapidement douchés par celle de Tom Perrelli, célèbre avocat de la RIAA au poste non moins clé d'adjoint au procureur général. La RIAA est sans doute le lobby le plus actif depuis plusieurs années pour une intensification de la lutte contre le piratage par tous les moyens possibles, judiciaires bien sûrs, mais aussi technologiques avec la généralisation des DRM, ces verrous logiciels qui entravent le développement des usages du numérique.</p> <p><i>Girardeau, Astrid. “Obama, l'espoir des anti-pirates.” Ecrans, Janvier 8, 2009. <a href='http://www.ecrans.fr/Obama,6083.html' class='spip_out'>http://www.ecrans.fr/Obama,6083.html</a>.</i></p> <p>De la même manière, pour intéressant qu'en soit le projet, la consultation en ligne lancée au lendemain de l'élection n'a pas donné de résultat absolument satisfaisant. Le <i>Citizen's briefing book</i> ouvert à tous les citoyens afin qu'ils puissent s'exprimer sur les réformes qu'ils souhaiteraient voir mener par la nouvelle administration a fait remonter en tête des priorités des propositions assez anecdotiques comme la légalisation de la marijuana, ou carrément loufoques comme la reconnaissance de l'existence d'OVNIS. Si le volet « démocratie participative » du président ne se résume heureusement pas à cela, on peut cependant être assez sceptique sur la pertinence d'un tel dispositif.</p> <p><i> Hood, Joel. “Barack Obama's 'Citizen's Briefing Book'.” Chicagotribune.com, Janvier 23, 2009. <a href='http://www.chicagotribune.com/news/nationworld/chi-talk-citizenjan23,0,1151303.story' class='spip_out'>http://www.chicagotribune.com/news/...</a>.</i></p> <p>Enfin, l'idée, très répandue, selon laquelle la campagne de Barack Obama aurait été financée essentiellement grâce aux petits donateurs, contrairement à celle de ses rivaux (d'abord au sein du parti démocrate lors des primaires, puis républicain), est elle-même fortement remise en cause. Une récente étude tend à montrer que la structure du financement dont a bénéficié le vainqueur de l'élection est finalement similaire aux autres.</p> <p><i>Malcolm, Andrew. “Obama's small donor base image is a myth, new study reveals.” Los Angeles Times, Novembre 28, 2008. <a href='http://latimesblogs.latimes.com/washington/2008/11/obama-money.html' class='spip_out'>http://latimesblogs.latimes.com/was...</a>.</i></p> <p>Mais venons-en au oeur du sujet. La mission envoyée par le think tank Terra Nova aux Etats-Unis, avec pour mission de comprendre ce qui a fait le succès de la campagne Obama, a révélé, on l'a assez dit, le rôle important qu'a joué l'usage des nouvelles technologies, et singulièrement des réseaux sociaux dans ce succès. Quoique d'ailleurs, ce rôle, insistent les observateurs, n'a pu être important que parce qu'il fut fortement articulé à une campagne de terrain massive. Or, au coeur de l'articulation entre le virtuel et le réel, on trouve un gigantesque fichier, Catalist, recensant près de 2/3 de l'électorat, compilant sur chacun des individus qui le composent, jusqu'à 600 renseignements divers. C'est bien dans ce fichier, et dans l'utilisation qui en a été faite, que réside certainement le succès de cette campagne, résume le rapport Terra Nova. Catalist est en fait l'éponyme de la société privée qui vend l'accès à ce fichier, constitué par croisement et consolidation à la fois des listes électorales, des fichiers commerciaux et enrichis par les remontées des militants de terrain. C'est lui qui a permis, par un profilage fin d'un grand nombre d'électeurs, de cibler les actions de communication qui leur furent destinées, accroissant considérablement leur efficacité.</p> <p><i> Olivier Ferrand (dir.). Moderniser la vie politique : innovations américaines, leçons pour la France. Paris : Terra Nova, Janvier 2009. <a href='http://www.tnova.fr/images/stories/groupes-de-travail/006-mission-us/terranova-rapportmissionus.pdf' class='spip_out'>http://www.tnova.fr/images/stories/...</a>.</i></p> <p>L'existence et l'utilisation de ce type de fichier n'est pas véritablement choquante aux Etats-Unis, où, comme le rappelle Benoît Thieulin dans une interview accordée à France-Info, la protection de la vie privée n'est pas nécessairement perçue de la même manière qu'en Europe.</p> <p><i> “Parlons Net avec Benoit Thieulin, la vraie campagne d'Obama, une vidéo de FranceInfo. parlons-net, parlonsnet, franceinfo, france-info, Nescouade,” Janvier 23, 2009. <a href='http://www.dailymotion.com/search/barack/video/x84fai_parlons-net-avec-benoit-thieulin-la_news' class='spip_out'>http://www.dailymotion.com/search/b...</a>.</i></p> <p>Il n'en reste pas moins que les rapporteurs de Terra Nova préconisent la constitution d'un tel fichier en France, comme une des mesures qui permettraient de renouveler une vie politique moribonde. La constitution de ce type de fichier, assurent-ils, n'est pas contraire à la lettre de la loi et ne peut être empêchée par la Commission Informatique et Libertés qui n'interdit pas, par exemple, que les opinions politiques des citoyens soient inscrites sur un fichier nominatif. Par ailleurs, ajoutent-ils, ce type de fichier ne peut être constitué que sur la base d'une liste électorale nationale, contrairement à la situation actuelle où les listes sont établies sur des bases communales.</p> <p>Intéressant à bien des égards, le rapport de Terra Nova semble sortir tout à fait du raisonnable en préconisant la création d'un tel fichier, avec mention des préférences politiques des personnes qui y seraient inscrites. Il est peu compréhensible que ses auteurs, se classant pourtant comme « progressistes » ne mesurent pas la dangerosité d'un tel fichier. C'est méconnaître, semble-t-il, la longue tradition de guerre civile que la France a connu au cours des deux derniers siècles, ainsi que la tentation autoritaire qu'elle traverse cycliquement. A l'heure où les libertés individuelles semblent sérieusement menacées par les fichages policiers de toutes sortes : STIC et Edvige entre autres, demander la constitution d'un fichier centralisé « à l'américaine » revient à ignorer totalement les éléments de contextes, à la fois nationaux, culturels et conjoncturels.</p> 2009-02-02T00:52:59Z text/html fr Place de la Toile : et si on se déconnectait ? http://www.homo-numericus.net/spip.php?breve995 2009-01-27 00:21:18 <p>V<i>endredi dernier, Homo Numericus était invité par l'équipe de <a href='http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/place_toile/index.php?emission_id=130060155' class='spip_out'>Place de la Toile</a> à parler de la déconnexion. Dans la foulée, Hubert Guillaud, publiait sur <a href='http://www.internetactu.net/2009/01/26/place-de-la-toile-et-si-on-se-deconnectait/' class='spip_out'>Internet Actu</a> une excellente synthèse de l'émission. Nous la republions ici, avec l'autorisation de l'auteur. Qu'il en soit remercié.</i></p> <p>« Les initiatives pour nous amener à décrocher de nos écrans se multiplient. Que ce soit l'opération <a href='http://www.lexpress.fr/actualite/societe/famille/defi-largement-releve-par-250-eleves-a-strasbourg_505636.html' class='spip_out'>10 jours sans écrans</a>, où 250 élèves d'une école Alsacienne avaient passé avec succès 10 jours sans écrans, le <a href='http://www.shutdownday.org/' class='spip_out'>ShutDownDay</a> qui consiste à passer une journée sans ordinateur, le <a href='http://www.rue89.com/et-pourtant/aujourdhui-cest-vendredi-je-ne-touche-pas-a-mes-e-mails' class='spip_out'>zero e-mail Friday</a> où des ingénieurs d'Intel avaient lancé en 2007 une journée hebdomadaire sans mails… En 2002, déjà, le Forum des droits sur l'internet, dans son <a href='http://www.foruminternet.org/specialistes/publications/rapports/rapport-final-du-groupe-de-travail-nbsp-relations-du-travail-et-internet-nbsp.html' class='spip_out'>rapport sur les relations de travail et l'internet</a>, avait proposé l'idée d'un droit à la déconnexion. Certes, il peut paraître saugrenu ou déplacé de parler d'un droit à la déconnexion quand pour beaucoup la priorité serait plutôt d'en appeler à un droit à la connexion, souligne la journaliste Caroline Broué, co-animatrice de <a href='http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/place_toile/' class='spip_out'>Place de la Toile</a>, sur France Culture (partenaire d'InternetActu.net) qui consacrait <a href='http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/place_toile/fiche.php?diffusion_id=69724' class='spip_out'>son numéro du 23 janvier 2009</a> au droit à la déconnexion. Peut-il y avoir un droit à la déconnexion sans son revers, le droit à la connexion ? Se déconnecter est-il un luxe de geeks, d'aficionados, de privilégiés ? La déconnexion rime aussi avec différence et désobéissance, rappelle l'animateur de Place de la Toile, Thomas Baumgartner. La déconnexion est une idée d'autant plus nécessaire que nos objets du quotidien sont appelés à se connecter à leur tour au réseau et plus encore à nous-mêmes et à notre attention. La déconnexion sera-t-elle la seule solution pour échapper aux discours des machines qui risquent de nous assourdir ?</p> <p>Pour Pierre Mounier, professeur certifié à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, responsable du Pôle formation et usages du <a href='http://cleo.cnrs.fr/' class='spip_out'>Centre pour l'édition électronique ouverte</a> (Cleo), fondateur de l'excellent site de référence <a href='http://www.homo-numericus.net/' class='spip_out'>Homo-Numericus</a>, le droit à la déconnexion n'est pas spécifique au numérique, car il évoque la protection de la vie privée par rapport aux pressions d'un environnement public comme le monde du travail. Or la résistance aux injonctions du monde du travail est antérieure au numérique. On parle certes du droit à la déconnexion par rapport aux e-mails et aux téléphones mobiles offerts aux cadres pour être soumis à des astreintes souvent non formulées, mais elles sont plus anciennes, comme l'évoquait en 1981 le film de Pierre Granier Deferre, <i>Une étrange affaire</i>, où les moyens du harcèlement d'un patron sur son employé étaient le téléphone fixe et la voiture. La déconnexion est une résistance à la technique, même si elle n'est pas numérique.</p> <p>Quand on parle de déconnexion, on ne parle pas des non-connectés ou des non-usagers, mais de ceux qui ont choisi de ne plus l'être. Ce rejet, ce refus des technologies, nait d'un besoin de régulation par rapport à la saturation technologique que nous subissons, explique Véronique Kleck, auteure de <a href='http://www.amazon.fr/Num%C3%A9rique-Cie-Soci%C3%A9t%C3%A9s-r%C3%A9seaux-gouvernance/dp/2843771293/internetnet-21' class='spip_out'><i>Numérique & Cie : sociétés en réseaux et gouvernance</a></i>. Face à l'accentuation des technologies sur nos vies, on a envie de pouvoir à nouveau “faire” sans technologie. D'autant qu'aujourd'hui, il est presque impossible de ne pas être connecté, puisque l'internet est devenu l'infrastructure de fonctionnement des activités humaines, souligne le sociologue Federico Casalegno, directeur du <a href='http://mobile.mit.edu/' class='spip_out'>Laboratoire de l'expérience mobile du MIT</a>. Même si on suspend ses propres activités, même si on arrête ses outils, tout reste interconnecté. La déconnexion est donc une impression fugace, un temps, un répit, qui marque notre fatigue à maîtriser la connexion permanente.</p> <p>Justement, qu'y a-t-il derrière cette radicalité du droit à la déconnexion ?, s'interroge Pierre Mounier. Ce besoin d'éteindre nos ordinateurs ou d'aller dans des zones de non-couvertures par les réseaux manifeste surtout un défaut de maîtrise de nos outils. Si on savait mieux maîtriser nos interactions avec la machine, rien ne s'opposerait à ce que nos outils restent connectés. Dans le monde physique, nous avons construit un certain nombre de remparts pour délimiter et construire notre vie privée. La propriété privée, la limitation des horaires de travail en sont des exemples. Ce n'est pas encore le cas avec les nouvelles technologies, d'autant plus que nous les maîtrisons encore assez mal. Or si nous nous sentons obligé de répondre à nos mails en pleine nuit, <a href='http://www.homo-numericus.net/spip.php?breve916' class='spip_out'>comme l'évoque Joanne Yates, professeur à l'école de management du MIT dans ses études sur l'addiction au blackberry</a>, n'est-ce pas parce que nous nous sentons submergés par la technologie ? <i>“L'initiative 10 jours sans écrans initiée par un collège alsacien n'est pas pédagogique !”, s'emporte Pierre Mounier. “Peut-on apprendre aux enfants que pour résister à l'attraction de l'écran, il suffit de les éteindre ? Je crois qu'il serait préférable de leur apprendre à mieux maîtriser l'outil, à mieux l'utiliser pour en rester maître.”</i></p> <p>La déconnexion ne serait pas autre chose qu'une manière de maîtriser sa connexion alors, avance Thomas Baumgartner. Au début, nous pensions gagner du temps en étant connectés tout le temps. Mais la connexion permanente est un royaume sur lequel le soleil ne se couche jamais. Rien ne nous oblige à être connecté, mais la pression sociale, la pression des pairs, de l'employeur et notre absence de maîtrise des technologies font que tout nous oblige à être connecté, rappelle Véronique Kleck. Pour Francesco Casalegno, il faut certainement distinguer ce qui est lié à une activité des situations de hiérarchie, où s'ajoute une pression psychologique. Or, pour les plus jeunes, leur vie est sur Facebook. La déconnexion revient alors à les arracher de leur vie. Pour que ce ne soit pas le cas, il faut parvenir à maîtriser les outils et comprendre les messages qui nous arrivent. La question de la déconnexion revient à celle de l'articulation entre l'espace privé et l'espace public, explique Pierre Mounier. Les outils numériques augmentent l'espace public physique que nous connaissons et offre la possibilité de créer des espaces publics déconnectés de ceux que nous connaissons. C'est ce que montre les travaux de recherche de la sociologue danah boyd, <a href='http://www.zephoria.org/thoughts/archives/2009/01/18/taken_out_of_co.html' class='spip_out'>qui vient de mettre en ligne sa thèse</a> sur les pratiques des jeunes en ligne. Cette thèse, <a href='http://www.homo-numericus.net/spip.php?breve994' class='spip_out'>comme l'analysait récemment Pierre Mounier sur Homo-Numericus</a>, montre l'imbrication au niveau des réseaux sociaux, entre un espace public, un espace physique et un espace numérique. Et l'une des caractéristiques que pointe la chercheuse est justement l'effondrement, le brouillage de cette articulation entre espace public et espace privé.</p> <p>Le flicage croissant ne nous pousse-t-il pas à nous déconnecter aussi ?, interroge Caroline Broué. Mais il faudrait pour cela que les gens connaissent bien quelles sont les traductions et les moyens utilisés par la surveillance aujourd'hui, répond Véronique Kleck. Or beaucoup ne connaissent pas les implications de traçabilité qu'il y a à utiliser un téléphone mobile ou une carte bleue. Oui, continue Pierre Mounier, la déconnexion peut être aussi politique. Elle n'a pas pour but que de préserver sa vie privée ou sa santé mentale, mais elle peut-être aussi un acte politique, pensé, voulu ou porteur de significations. Participer à un espace public nous impose des normes, des règles de comportements, mais si on ne peut y résister ou y exister, on peut décider de s'en extraire ou de s'en exclure. C'est le modèle de la <a href='http://www.freescape.eu.org/eclat/1partie/Barlow/barlowtxt.html' class='spip_out'>déclaration d'indépendance du cyberespace</a> de John Perry Barlow, cofondateur de l'Electronic Frontier Foundation, en 1996, à une époque où le gouvernement Clinton avait fait adopter une loi pour interdire les gros mots sur l'internet, comme ils étaient interdits à la télévision ou à la radio, pensant encore que l'internet était un canal médiatique comme un autre. Barlow s'appuie sur le réseau pour créer un nouvel espace public numérique déconnecté de l'espace public physique, en créant et revendiquant de nouvelles normes et en utilisant le mythe américain de l'indépendance. On pourrait même faire référence à l'utopie déconnexionniste pour faire référence à Hakim Bey, <a href='http://www.lyber-eclat.net/lyber/taz.html' class='spip_out'>le théoricien des zones d'autonomies temporaires</a>, qui développe l'idée que la dissidence et la résistance à l'oppression ne peuvent être que continument temporaires, car si elles se perpétuent dans le temps, elles deviennent à leur tour répressives. De même, quand un site devient trop contraignant, on le quitte, d'autant plus que sur les réseaux, le déplacement de l'utilisateur est instantané. Le principe de la déconnexion instantanée est consubstanciel au réseau. La déconnexion massive d'un service, le boycott, sont des formes de résistances, à l'image des mobilisations éclair, des connexions rapides que sont les flashmobs par exemple. Et Frederico Casalegno d'évoquer les <a href='http://www.carrotmob.org/' class='spip_out'>CarrotMob</a>, ces groupes de pression de consommateurs qui s'organisent pour acheter un bien de manière groupé afin d'avoir une meilleure offre ou que leurs achats soutiennent des initiatives sociales ou de développement durable. La connectivité (et donc la déconnexion) devient alors un moyen de pouvoir.</p> <p>Avec l'internet, les formes de revendication politiques peuvent être mises en pratique immédiatement. On dénombre de nombreuses pratiques de repli, de constitution de réseaux cryptés, privés… comme <a href='http://freenetproject.org/' class='spip_out'>Freenet</a>, ce réseau P2P de cryptage des communications. Freenet est à la fois un outil et une revendication politique. C'est une étrange déconnexion que cette déconnexion politique là, qui s'attèle à <i>“sauvegarder une connectivité absolue, c'est-à-dire ouverte et universelle”</i>, <a href='http://uzine.net/article1948.html' class='spip_out'>expliquait déjà Pierre Mounier en 2003</a>. Aujourd'hui, force est de constater que cette déconnexion politique s'étiole au profit de la reformation de sous réseaux privés pour construire un “entre soi” sans revendication politique commune, à l'image des sites sociaux. C'est le constat que dresse encore danah boyd dans sa thèse : on ne cesse de parler aux ados des dangers de l'internet, mais plus les adultes font pression au nom de la panique morale qui les affole, plus les adolescents ont tendance à cacher leurs propres pratiques. On est encore une fois en train de mener une action qui est tout sauf éducative, conclut-elle et c'est une conclusion qu'on pourrait tirer avec elle. »</p> 2009-01-27T08:21:18Z text/html fr Taken Out of context : pratiques adolescentes sur les réseaux sociaux http://www.homo-numericus.net/spip.php?breve994 2009-01-22 14:54:47 <p>Danah Boyd est une brillante chercheuse. Récemment recrutée au laboratoire de recherche de Microsoft en Nouvelle Angleterre, elle vient de soutenir sa thèse à l'Université de Berkeley. Ce travail vient conclure plus de 2 ans d'enquêtes ethnographiques auprès d'adolescents américains. Il s'agissait pour Danah Boyd de comprendre la manière dont ces adolescents se sont emparés des réseaux sociaux comme Facebook et Myspace pour développer une forme de sociabilité qui leur est propre. Son analyse repose sur l'utilisation du concept d'« espace public en réseau » qui décrit tout à la fois l'espace qui se construit au travers des technologies en réseau, et la communauté imaginée qui émerge de l'intersection entre les individus, les pratiques et les technologies. Pour Danah Boyd, ces espaces d'un type particulier sont caractérisés par trois propriétés : la présence de publics invisibles, l'effondrement des contextes et l'effacement de la frontière entre public et privé. En les utilisant de manière intensive, les adolescents américains font ce que font les jeunes depuis toujours : ils socialisent, ils apprennent à vivre en société, ils construisent leur identité et préparent leur entrée dans le monde des adultes. Mais ils le font de manière inédite, en utilisant et en apprenant à utiliser des outils de communication nouveaux.</p> <p>Danah Boyd met bien en lumière le décalage entre la perception qu'ont les adultes de ces réseaux sociaux, pour l'essentiel faite de ce que les médias en disent, à savoir des lieux dangereux et incontrôlables, et les pratiques qu'y déploient les adolescents, plutôt empreintes de bon sens au final. Elle montre comment ces derniers interagissent avec le dispositif technique, qui informe leurs modes de sociabilité, autant qu'il est informé par eux. Finalement, c'est la notion même de vie privée qui apparaît transformée et faire l'objet du plus grand malentendu entre adolescents et adultes : alors que ces derniers la comprennent essentiellement comme l'interdiction de l'accès aux informations les concernant, les adolescents la conçoivent plutôt comme un contrôle sur cet accès : à qui donner accès à quelle information ? et ce contrôle est difficile à acquérir ; il fait l'objet d'un apprentissage.</p> <p>Plus intéressant encore, est le constat fait par la chercheuse, que la multiplication des discours alarmistes sur les dangers réels ou supposés des réseaux sociaux aboutit à l'effet strictement inverses à ceux qui sont souhaités. Ainsi, angoissés par ces messages à répétition, les parents sont tentés de vouloir surveiller les activités de leurs enfants sur ces réseaux, de les décourager ou pire, de les empêcher, toutes choses qui aboutissent à une seule chose : encourager ces adolescents à dissimuler leurs pratiques. Danah Boyd insiste beaucoup là-dessus et se faisant, elle porte un message politique fort : la tentation de l'hyper-contrôle constitue une anti-éducation qui renforce le clivage entre les générations, conduit les adolescents à refuser tout contact avec les adultes, et leur apprend à mentir. Le constat que fait Danah Boyd n'est pas très réjouissant : les relations entre adultes et adolescents en Amérique, mais cela peut être dit, sans doute, de la plupart des sociétés occidentales, ne sont pas bonnes. Les conflits qui se déroulent autour des réseaux sociaux n'en sont que le symptôme, le mégaphone, dit-elle, et non la cause, comme on le répète souvent.</p> <p>La lecture d'une thèse n'est habituellement pas exactement une partie de plaisir ; l'exercice impose des canons stylistiques pas vraiment littéraires à des productions pas toujours très pertinentes. Ce n'est pas le cas de la thèse de Danah Boyd, passionnante de bout en bout. Elle exploite à merveille, en particulier, toutes les ressources de l'ethnographie qui s'attache à restituter le sens que les acteurs accordent à leurs propres pratiques. Alors que les études sociologiques habituelles réduisent trop souvent ces pratiques à des agrégats statistiques, ou les observent de l'exterieur, on sent que Danah Boyd a réussi à avoir cette complicté avec ses interviewés, lui permettant de mieux comprendre les motivations et la logique de l'investissment adolescent sur les réseaux sociaux. C'est peut-être aussi sa limite d'ailleurs, puisqu'assez peu de place est accordée, dans son enquête, à l'analyse du positionnement de ces autres acteurs que sont les parents ou même, les entreprises qui fournissent ces services de réseaux sociaux.</p> <p>Il faut lire de toute urgence ce travail, accessible, comme il se doit, <a href='http://www.zephoria.org/thoughts/archives/2009/01/18/taken_out_of_co.html' class='spip_out'>gratuitement sur Internet</a> et diffusé sous licence Creative Commons.</p> 2009-01-22T22:54:47Z text/html fr Vague de filtrage sur l'Internet mondial http://www.homo-numericus.net/spip.php?breve993 2009-01-20 15:30:37 <p>Quel point commun réunit la Roumanie, le Danemark, l'Allemagne, l'Australie, la Grande-Bretagne ? Tous ces pays s'apprêtent à filtrer l'accès du public à Internet au niveau des fournisseurs d'accès dans le but d'empêcher l'accès à des contenus illégaux. Ce faisant, ils rejoindront d'autres pays qui, comme la Chine, la Syrie, l'Arabie Saoudite ou la Tunisie, le font depuis longtemps.</p> <p>En Australie : c'est le Ministre de la Communication qui, malgré les oppositions, travaille à mettre en place un système de filtrage général sur la base d'une liste noire de sites web interdits, dont le contenu resterait secret.</p> <p><i> <strong>Lire sur Le Monde</strong> : Leloup, Damien. “L'Australie s'apprête à filtrer Internet - Technologies.” Le Monde.fr, Janvier 2, 2009. <a href='http://www.lemonde.fr/technologies/article/2009/01/02/l-australie-s-apprete-a-filtrer-internet_1137146_651865.html' class='spip_out'>http://www.lemonde.fr/technologies/...</a>.</i></p> <p>Au Danemark, c'est par le biais d'une décision de justice qu'un des premiers fournisseurs d'accès du pays a dû interdire l'accès de ses clients à Pirate Bay, célèbre portail suédois recensant et pointant vers un grand nombre de contenus diffusés sur Internet en infraction avec le droit d'auteur.</p> <p><i> <strong>Lire sur Ecrans</strong> : Girardeau, Astrid. “Danemark : Le principal fournisseur d'accès filtre les pirates.” Ecrans, Janvier 20, 2009. <a href='http://www.ecrans.fr/The-Pirate-Bay,6198.html' class='spip_out' rel='nofollow'>http://www.ecrans.fr/The-Pirate-Bay...</a>.</i></p> <p>Non loin de là, en Allemagne, la Ministre de la famille Ursula von der Leyen cherche à lutter contre la pédo-pornographie en mettant en place un système de filtrage lui aussi basé sur une liste noire secrète établie par la police fédérale.</p> <p><i> <strong>Lire sur Spiegel</strong> : “Kinderpornografie : Familienministerin setzt Internet-Filter durch .” Spiegel, Janvier 15, 2009. <a href='http://www.spiegel.de/netzwelt/web/0,1518,601440,00.html' class='spip_out' rel='nofollow'>http://www.spiegel.de/netzwelt/web/...</a>.</i></p> <p>On pourrait continuer ce tour du monde du filtrage Internet, en évoquant la Finlande par exemple, ou la Roumanie. Un excellent article paru dans <i>The Register</i> fait le point sur la situation dans ces différents pays. Il évoque aussi les projets du Ministre de la Culture britannique visant à catégoriser les sites web comme on le fait actuellement pour les films de cinéma.</p> <p><i> <strong>Lire sur The Register</strong> : Ozimek, John. “Government pipedreams on internet ratings doomed to failr.” The Registe, Décembre 30, 2008. <a href='http://www.theregister.co.uk/2008/12/30/great_firewall_fails/' class='spip_out' rel='nofollow'>http://www.theregister.co.uk/2008/1...</a>.</i></p> <p>Comme beaucoup d'autres débats relatifs à Internet, la question du filtrage des sites Web est une vieille question. En 2006 déjà, la France s'était illustrée par un procès célèbre contre l'entreprise Yahoo ! dont un site de vente aux enchères permettait aux internautes d'acheter et de vendre des souvenirs nazis. La question s'était alors posée, au niveau du site incriminé, de la mise en place d'un filtrage excluant les visiteurs français sur la base de leur adresse IP. La plupart des experts étaient sceptiques. Aujourd'hui, la problématique est différente puisque c'est de filtrage au niveau du fournisseur d'accès qu'il s'agit. Ainsi il y a quelques mois, la Secrétaire d'Etat à la Famille Nadine Morano proposait la mise en place d'une « police internationale de la Toile » et de mesures de filtrage visant à interdire l'accès à une liste de sites pédopornographiques.</p> <p><i> <strong>Lire sur Homo Numericus</strong> : piotrr. “Menaces sur les usages de l'Internet.” Homo Numericus, Septembre 2, 2008. <a href='http://www.homo-numericus.net/spip.php?breve980' class='spip_out' rel='nofollow'>http://www.homo-numericus.net/spip....</a>.</i></p> <p>Les critiques portées à l'encontre de la mise en place de telles mesures de filtrage sont très nombreuses. Elles reposent pourtant la plupart du temps sur un argument qui n'est pas imparable : l'argument technique qui avance la difficulté de la mise en place des outils de filtrage, les nombreuses erreurs en « faux positif » que provoquent ces outils et enfin les possibilités de contournement pour tout internaute un peu avisé.</p> <p><i> <strong>Voir sur Opennet</strong> : Ronald Deibert, John Palfrey, Rafal Rohozinski, Jonathan Zittrain, eds., Access Denied : The Practice and Policy of Global Internet Filtering, (Cambridge : MIT Press) 2008. <a href='http://opennet.net/accessdenied' class='spip_out' rel='nofollow'>http://opennet.net/accessdenied</a></i></p> <p>Ces arguments ne portent pourtant pas auprès des gouvernements. Dans leur esprit en effet, le poids de la gestion technique du filtrage peut bien reposer sur les fournisseurs d'accès, la censure sur Internet n'est pas de la vraie censure parce qu'Internet n'est pas un vrai média, et enfin peu importe que le filtrage soit partiellement inefficace pourvu qu'un signal soit envoyé en direction du grand public. Par ailleurs, l'exemple chinois prouve bien que la mise en place de mesures de filtrage ne constitue pas nécessairement un frein au développement des usages d'Internet.</p> <p>Du coup, on peut légitimement se demander s'il n'est pas temps que ceux qui souhaitent empêcher la mise en place de telles mesures adoptent une autre stratégie en portant le débat sur un autre terrain, celui des principes par exemple. Peut-être pourrait-on inciter les citoyens des différents pays, surtout de ceux qui ont une longue tradition démocratique, à se demander s'ils souhaitent vraiment la mise en place de systèmes de filtrage a priori sur quelque moyen de communication que ce soit.</p> 2009-01-20T23:30:37Z text/html fr Internet, victime collatérale de la loi sur l'audiovisuel http://www.homo-numericus.net/spip.php?breve992 2008-12-18 07:18:06 <p>Le projet de loi sur l'audiovisuel public recèle bien des surprises. On en connaît surtout deux dispositions majeures : la suppression de la publicité sur les chaînes de télévision publiques et la nomination de leur directeur par le chef de l'Etat, et non plus par le CSA, comme c'était le cas jusqu'à présent.</p> <p>On sait moins que ce projet de loi aura certainement d'importantes répercussions sur Internet qui n'est pourtant pas a priori concerné.</p> <p>Première conséquence, connue depuis un certain temps : la compensation des revenus publicitaires perdus par les chaînes publiques viendra en partie d'une taxe nouvelle pesant sur les entreprises de télécommunication : téléphone mobile, fournisseurs d'accès à Internet.</p> <p><i> <strong>Lire sur les nouvelles taxes</strong> : Roberts, Isabelle. “Les comptes de l'amère loi.” Ecrans, Décembre 16, 2008. <a href='http://www.ecrans.fr/Les-comptes-de-l-amere-loi,5956.html' class='spip_out'>http://www.ecrans.fr/Les-comptes-de...</a>.</i></p> <p>Malgré les apparences, l'idée n'est pas tout à fait neuve. Ainsi, elle se situe dans une certaine continuité avec l'extension de la redevance pour copie privée à tous les supports de stockage numériques qui procède de la même idée : mettre à contribution un secteur innovant et dynamique pour soutenir un secteur traditionnel et plutôt déclinant. Mais la continuité n'est que partielle, car ces supports de stockage accueillent au moins en partie des contenus bénéficiant de la redevance pour copie privée. On ne sait pas que les secteurs de l'Internet et du téléphone portable bénéficient particulièrement des émissions que diffuse France 2 ou France 3.</p> <p>Evidemment, la plupart des entreprises concernées ont manifesté leur mécontentement.</p> <p><i> <strong>Lire les réactions des différents acteurs</strong> : “Taxe des sites internet : front d'opposition des professionnels du secteur.” Zdnet.fr, Novembre 26, 2008. <a href='http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39385120,00.htm?xtor=RSS-1' class='spip_out'>http://www.zdnet.fr/actualites/inte...</a>.</i></p> <p>Seconde conséquence : par le biais d'un amendement parlementaire émanant de parlementaires UMP, le gouvernement s'apprête à compenser la perte de pouvoir qu'il inflige au CSA, à qui échappe désormais la nomination du président de France Télévision, en lui accordant de contrôler le secteur de la publicité sur Internet. La proposition est astucieuse car elle vient réveiller un vieux désir de l'autorité de régulation qui s'est toujours sentie compétente pour prétendre réguler le nouveau secteur de l'Internet. Ces vélléités remontent au moins à Hervé Bourges, qui avait tenter une prise de pouvoir à l'occasion d'un célèbre Forum des régulateurs en 1999.</p> <p><i> <strong>Lire l'histoire des relations entre Internet et le CSA</strong> : Girardeau, Astrid. “Le CSA et Internet, c'est toute une histoire.” Ecrans, Décembre 17, 2008. <a href='http://www.ecrans.fr/Internet-et-le-CSA-l-histoire-d,5763.html' class='spip_out'>http://www.ecrans.fr/Internet-et-le...</a>.</i></p> <p>Et cette vieille idée d'une régulation de l'Internet repose sur une appréhension pour le moins particulière de ce mode de communication. En témoignent par exemple les propos que le député et porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, a tenus à l'Assemblée Nationale pour défendre un de ses amendements (finalement rejeté).</p> <p><i> <strong>Lire les propos de Frédéric Lefebvre</strong> : Compte Rendu intégral de la séance du lundi 15 décembre 2008 à l'Assemblée Nationale : <a href='http://www.assemblee-nationale.fr/13/cri/2008-2009/20090103.asp#P705_153094' class='spip_out'>http://www.assemblee-nationale.fr/1...</a></i></p> <p>Reste que cette fois-ci, la plupart des acteurs de l'Internet, semblent bien décidés à ne pas se laisser faire. Et on est un peu étonné de les voir contraints à reprendre le vieux slogan : « Internet n'est pas de la télévision », qu'on entendait déjà il y a presque dix ans. On croyait le fait acquis ; il faut croire que non.</p> <p><i> <strong>Lire le communiqué de presse de l'ASIC</strong> : Association des Services Internet Communautaires (ASIC). “Projet de loi Audiovisuel : Internet n'est pas la télévision !.” ASIC, Novembre 25, 2008. <a href='http://www.lasic.fr/spip.php?article38' class='spip_out'>http://www.lasic.fr/spip.php?article38</a>.</i></p> <p>Ce n'est pas tout ; car de la loi sur l'audiovisuel à celle sur la riposte graduée, il n'y a qu'un pas, que le député Frédéric Lefebvre et la Ministre de la Culture Christine Albanel ont franchi, semble-t-il. L'un et l'autre se sont en effet accordé sur la possibilité d'y inclure une taxe sur les plateformes de partage de vidéos, comme Youtube ou Dailymotion, pour financer la production audiovisuelle.</p> <p><i> <strong>Lire l'échange entre le député et la ministre</strong> : Girardeau, Astrid. “Les députés UMP veulent un Internet régulé.” Ecrans, Décembre 17, 2008. <a href='http://www.ecrans.fr/Les-deputes-UMP-veulent-un,5960.html' class='spip_out'>http://www.ecrans.fr/Les-deputes-UM...</a>. </i></p> <p>On voit bien la logique à l'oeuvre au sein de l'UMP et du gouvernement : Internet est un média dangereux qu'il faut réguler et contrôler, mais aussi très profitable, qu'il faut donc taxer. Le problème est que le dynamisme du secteur -et donc sa profitabilité, et donc sa capacité à générer des rentrées fiscales - repose en grande partie sur le caractère bon marché de l'accès et sur le développement des usages qui s'accorde mal avec le discours absolument négatif dont ce mode de communication fait l'objet. On peut inverser la raisonnement : si Internet est néfaste et dangereux, parce qu'il corrompt la jeunesse et déstabilise les médias traditionnels, on peut chercher à en freiner l'expansion par le moyen de verrous et cadenas, mais aussi en le taxant lourdement. On se demande alors quelle peut-être la place du Plan Besson dans cette politique. Entre profiter d'un secteur économique dynamique et chercher à le restreindre pour toutes sortes de raisons, il faudra bien choisir.</p> 2008-12-18T15:18:06Z text/html fr D'Obama à Royal : les mutations de la communication politique http://www.homo-numericus.net/spip.php?breve991 2008-11-17 13:50:23 <p>Il n'a pas échappé aux meilleurs observateurs que Barack Obama a su utiliser mieux qu'aucun de ses concurrents la puissance d'Internet pour se rallier les suffrages des américains.</p> <p>La puissance de feu financière dont il a bénéficié, d'abord lors de primaires contre Hillary Clinton, puis lors des élections présidentielle contre John McCain fut l'une des clés de son succès. Or, cette capacité à lever des fonds doit beaucoup à l'habileté dont il a su faire preuve dans l'utilisation du réseau en général et des réseaux sociaux en particulier.</p> <p>Dès le mois de juin <i>The Atlantic</i> montrait combien le candidat était soutenu par les entrepreneurs les plus innovants de la Silicon Valley, à l'exemple de Chris Hugues, fondateur de Facebook et qui a pris en main la stratégie de communication en ligne de son champion :</p> <p><strong>Lire sur le soutien de la Silicon Valley</strong> : Green, Joshua. “The Amazing Money Machine.” <i>The Atlantic</i>, Juin 1, 2008. <a href='http://www.theatlantic.com/doc/200806/obama-finance/2' class='spip_out'>http://www.theatlantic.com/doc/2008...</a>.</p> <p><strong>Lire sur le rôle de Chris Hugues</strong> : Stelter, Brian. “The Facebooker Who Friended Obama.” <i>The New York Times</i>, Juillet 7, 2008, sec. Technology. <a href='http://www.nytimes.com/2008/07/07/technology/07hughes.html' class='spip_out'>http://www.nytimes.com/2008/07/07/t...</a>.</p> <p>Depuis, plusieurs articles ont mis en évidence les qualités objectives des dispositifs de communication mis en place par l'équipe de Barack Obama. Récemment, le blog <i>Web Profit</i> analysait la très grande efficacité du site Barackobama.com, entièrement conçu de manière à déclencher une action de soutien, quelle qu'en soit la forme, de la part des visiteurs.</p> <p><strong>Lire sur Barackobama.com</strong> : Cleanthous, Alex. “6 Lessons We Can Learn From Barack Obama's Online Marketing Strategy.” <i>Web Profits</i>, Juillet 23, 2008. <a href='http://www.webprofits.com.au/blog/2008/07/23/6-lessons-we-can-learn-from-barack-obamas-online-marketing-strategy/.' class='spip_out'>http://www.webprofits.com.au/blog/2...</a></p> <p>Plus récemment, Sarah Lai Stirland analysait sur Wired les armes secrètes du candidat démocrate : Internet, les bases de données et la psychologie. L'article montre bien que la grande force de cette campagne a résidé dans sa capacité à organiser le travail militant autant qu'à le susciter.</p> <p><strong>Lire sur l'organisation du travail militant</strong> : Stirland, Sarah. “Obama's Secret Weapons : Internet, Databases and Psychology.” Blog. <i>Threat Level from Wired</i>, Octobre 29, 2008. <a href='http://blog.wired.com/27bstroke6/2008/10/obamas-secret-w.html' class='spip_out'>http://blog.wired.com/27bstroke6/20...</a>.</p> <p>Des bases de données militantes, des sites web et de la publicité en ligne, des campagnes de mailing et téléphoniques, des spots télévisés et des groupes sur les réseaux sociaux, des formulaires de dons en ligne ; rien de radicalement révolutionnaire en apparence dans l'utilisation de chacun de ces outils pour développer une campagne politique en ligne. Ce qui l'est plus, affirme Benoît Thieulin, directeur de la Netscouade, une agence spécialisée dans la communication en ligne, c'est d'avoir su mobilier et articuler tous ces éléments pour les orienter dans une même direction. Il développe cette analyse dans <i>Place de la Toile</i>, émission de radio consacrée aux questions numériques :</p> <p><strong>Ecouter l'analyse de Benoît Thieulin</strong> : Baumgartner, Thomas, et Caroline Broué. “Les Parrains Place la Toile #6.” Ram. <i>Place de la Toile</i>. Paris : Radio-France, Novembre 7, 2008. <a href='http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/place_toile/fiche.php?diffusion_id=67910' class='spip_out'>http://www.radiofrance.fr/chaines/f...</a>.</p> <p>Benoît Thieulin n'est pas un observateur neutre sur cette question : il est le maître d'oeuvre de la campagne en ligne de Ségolène Royal aux dernières élections présidentielles. Venu du Service d'Information du Gouvernement où il s'était déjà essayé à la mise en pratique de stratégies de communication innovantes en politique, il a tenté, lors de la dernière campagne présidentielle, de faire fonctionner un volet participatif à partir du site <i>Désirs d'Avenir</i>, destiné à mobiliser au-delà de l'habituel électorat socialiste. Rencontrant un succès certain, <i>Désirs d'Avenir</i> a manifestement réussi à ouvrir un nouveau canal de communication politique, non plus du politique vers ses administrés, mais en sens inverse, avec la possibilité pour chacun de venir affirmer une position, argumenter dans une arène publique articulée aux propositions portées par la candidate socialiste.</p> <p><strong>Lire l'analyse de Désirs d'avenir</strong> : Beauvallet, Godefroy. “Partie de campagne : Militer en ligne au sein de « désirs d'avenir ».” <i>Hermès</i>(Paris. 1988), no. 47 (2007) : 155-166.</p> <p>Obama-Royal : le rapprochement pourrait sembler incongru, et il l'est à bien des égards. Pourtant, les similitudes ne sont pas si rares entre les deux lorsqu'on s'intéresse à leurs méthodes en matière de communication politique : celles-ci reposent sur la conjonction forte entre l'adhésion émotive que permettent les <i>mass media</i>, et la participation progressivement élaborée par l'intermédaire des espaces de discussion en ligne. D'un côté, une mobilisation des foules sentimentales par le moyen d'une rhétorique qui ose le lyrisme et mise sur les sentiments de pitié et de compassion pour unir (alors que leurs adversaires politiques s'appuient davantage sur la peur et l'agressivité pour opposer). De l'autre, des dispositifs favorisant la participation de tous, un effort évident pour permettre à chacun d'avoir le sentiment de pouvoir à nouveau influer sur le cours des choses. L'un et l'autre de ces deux volets ne peuvent évidemment se développer qu'à partir d'un effondrement idéologique : ils définissent des formes sans contenus, des modes de contrat social qui se positionnent au-delà de tout programme politique vertébré par une quelconque idéologie : d'un côté une recherche presque technique du compromis ; la fabrication méthodique du consensus ; de l'autre une relation fusionnelle, à la limite du mystique, comme l'ont bien relevé les détracteurs de l'américain et de la française. Pas étonnant que l'un et l'autre fassent l'objet d'attaques aussi virulentes de la part de leurs adversaires au sein de leur propre parti ; parce que ces derniers sont les tenants et les héritiers d'un mode d'action politique traditionnel, basé sur la représentation, qu'ils mettent en pièce.</p> <p>La comparaison s'arrête à peu près là ; car si Obama a fait preuve d'un professionnalisme sans égal et d'une grande maturité dans le déploiement de cette nouvelle forme de communication politique, Royal n'en est qu'aux balbutiements. Mais ses derniers discours, ses tentatives étranges du côté de la scène de spectacle sont bien les signes qu'une voie est en train de se chercher de ce côté, et qu'elle peut réussir ; le succès de son équivalent américain lui ouvre en tout cas une voie d'avenir.</p> <p>On verra bien si Barack Obama, devenu président, aura la volonté ou la possibilité de maintenir cette capacité d'innovation en matière de communication. Malgré les difficultés et les contraintes qui pèsent sur sa propre personne (il serait interdit de Blackberry pour des raisons de sécurité des communication), Obama semble bien décidé à continuer dans la même voie. La mise en ligne de son site, <i>Change.gov</i> spécialement dédié à la période de transition en est un premier signe. Sa décision de diffuser ses adresses à la nation via <i>Youtube</i> en est un autre, quoique contesté. Alors que des groupes de pression ont déjà pris date pour une amélioration de la transparence gouvernementale, spécialement sur Internet, on ne peut que constater l'espoir démocratique que représente cette présidence qui s'annonce atypique.</p> <p><strong>Lire sur l'interdicton du Blackberry</strong> : Zeleny, Jeff. “Say Goodbye to BlackBerry ? If Obama Has to, Yes He Can .” <i>New York Times</i>, Novembre 15, 2008. <a href='http://www.nytimes.com/2008/11/16/us/politics/16blackberry.html' class='spip_out'>http://www.nytimes.com/2008/11/16/u...</a>.</p> <p><strong>Lire sur Youtube</strong> : Sanner, Ann. “The Associated Press : Obama to use Web videos for presidential address.” Associated Press, Novembre 15, 2008. <a href='http://www.google.com/hostednews/ap/article/ALeqM5jb_yTrh782LktIL9XXD0DlfLaLSQD94EVA3G0' class='spip_out'>http://www.google.com/hostednews/ap...</a>.</p> <p><strong>Lire sur les demandes de transparence</strong> : Suber, Peter. “More recommendations on openness for the new U.S. administration.” Text. <i>Open Access News</i>, Novembre 14, 2008. <a href='http://www.earlham.edu/~peters/fos/2008/11/more-recommendations-on-openness-for.html' class='spip_out'>http://www.earlham.edu/~peters/fos/...</a>.</p> 2008-11-17T21:50:23Z text/html fr Les Immédiatiques http://www.homo-numericus.net/spip.php?breve990 2008-11-13 00:53:14 <p>Les 5 et 6 décembre 2008 - au Quartz, scène nationale de Brest Une journée de réflexion autour des nouveaux espaces médiatiques et artistiques issus de l'Internet <a href='http://longueur-ondes.fr/article21.html' class='spip_out'>Les Immédiatiques</a>, véritable « manifestation dans la manifestation », auront lieu au Quartz (scène nationale de Brest) pendant une journée et demi, en parallèle au festival de la radio et de l'écoute. Les vendredi 5 et samedi 6 décembre, tables rondes, forum et ateliers se succéderont sur le thème des nouveaux médias, en partenariat avec l'Humanité et France Culture qui déplacera plusieurs de ses émissions à Brest pour l'occasion.</p> <h3 class="spip">Propos</h3> <p>À l'heure où la révolution Internet semble transformer de fond en comble le champ de l'information et de la connaissance, on assiste à la construction d'un nouvel espace médiatique. Immédiats, participatifs, citoyens,... nombre d'adjectifs peuvent qualifier ces nouveaux médias. De Mediapart à Bakchich, en passant par les blogs ou les réseaux wiki, ce monde en expansion continue fait l'actualité, la commente, l'enrichit et invite tout un chacun à participer à ce processus. C'est pourquoi nous souhaitons faire le pari d'un temps d'arrêt consacré à une somme de rencontres et de réflexions autour de ce nouvel espace médiatique compris dans son acception la plus large.</p> <p>En imaginant ce rendez-vous annuel pendant le festival Longueur d'ondes, nous espérons à la fois rendre compte des évolutions/involutions en cours, des questionnements qui leur sont afférents, et participer à un débat qui engage autant les médias eux-mêmes que les rapports qu'ils entretiennent avec des publics consommateurs et/ou précurseurs. En effet, loin de vouloir organiser une énième rencontre sur le mode « les médias parlent aux médias », nous souhaitons surtout, et avant toute chose, susciter un moment quelque peu bourdonnant dont le succès ne sera garanti, à nos yeux, que s'il parvient à articuler bouillonnement intellectuel – pour une meilleure intelligibilité de ce champ « immédiatique » – et retours critiques d'un public envisagé tout autant comme une somme de récepteurs que comme une addition d'acteurs.</p> <h3 class="spip">Programmation</h3> <p>Tous les débats seront enregistrés et rediffusés après le festival sur la web radio de France Culture Les sentiers de la création, partenaire des Immédiatiques</p> <p><img src="http://www.homo-numericus.net/squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" /> conférence inaugurale avec Jean-Noël Jeanneney</p> <p>Pour poser les enjeux des débats du samedi, dialogue avec Jean-Noël Jeanneney, historien des médias, ancien président de la Bibliothèque Nationale de France et de Radio France, et Marie-Armelle Barbier-Le Déroff, maître de conférences à l'Université de Bretagne Occidentale. <br />vendredi 5 décembre ● 18h</p> <p><i>4 tables rondes</i></p> <p>Le samedi 6 décembre, entrée dans le vif du sujet au fil de quatre tables rondes qui se succéderont de 9h30 à 18h.</p> <p><img src="http://www.homo-numericus.net/squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" /> Informer à l'âge du multimédia Les supports de presse évoluent, l'information aussi. Différentes stratégies se confrontent : gratuité des contenus sur la toile ou abonnement en ligne ? Résumé du journal sur Internet ou développement d'un nouveau média à part entière ? Réflexion et débat sur la question de l'information dans une « société immédiate ». <br />+ Intervenants : Christian Delporte, Pierre Haski, Nicolas Vanbremeersch (alias Versac), Alain Joannès <br />+ Modérateur : Thomas Baumgartner <br />9h30-11h30</p> <p><img src="http://www.homo-numericus.net/squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" /> Inventer Les nouveaux médias offrent aux artistes un nouvel éventail de supports de création : du film sur téléphone portable au Netart, en passant par le e-book et les plateformes éditoriales web 2.0, qu'apporte Internet et le multimédia aux créateurs ? Comment penser l'artiste et ses droits dans un monde virtuel et gratuit ? Petit tour d'horizon des nouvelles formes d'expression artistique. <br />Intervenants : Emmanuel Pierrat, Silvain Gire, Jean-Paul Fourmentraux, Aseyn <br />Modérateur : non connu <br />11h30-13h</p> <p><img src="http://www.homo-numericus.net/squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" /> S'insoumettre Ils sont de plus en plus nombreux à choisir un mode d'expression alternatif : journalistes en désaccord avec leur ancienne rédaction, individus prônant une presse vraiment différente, etc. Quelles sont aujourd'hui les nouvelles formes de l'insoumission médiatique ? <br />Intervenants : Edwy Plenel, Laurent Léger, André Gattolin <br />Modérateur : Hervé Gardette <br />14h-15h30</p> <p><img src="http://www.homo-numericus.net/squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" /> S'exprimer Commentaires, blogs, articles participatifs... Grâce aux nouveaux médias, l'internaute n'est plus seulement lecteur, il devient aussi acteur. Pour le meilleur ? Comment expliquer ces évolutions, quels en sont les conséquences et les enjeux ? <br />Intervenants : Pierre Assouline, Nordine Nabili, Carlo Revelli, Jérôme Cuny <br />Modérateur : Michel Briand <br />16h30-18h</p> <p><img src="http://www.homo-numericus.net/squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" /> et en conclusion Internet, une cure de jouvence pour les médias traditionnels ? Avec Philippe Cohen, directeur de la rédaction de Vendredi, nouvel hebdomadaire né en octobre 2008 (sous réserve) <br />samedi 6 décembre ● 18h30</p> <h3 class="spip">Le forum</h3> <p>Tout au long de ses cinq années d'existence, Longueur d'ondes aura pu constater la vitalité des démarches qui portent, dans l'agglomération brestoise, sur l'utilisation et la démocratisation des pratiques nées de la révolution Internet. Le soutien de la ville, par l'intermédiaire de sa très active direction « démocratie locale, citoyenneté et nouvelles technologies », à de nombreux projets autour du « libre » et du « collaboratif », a permis de tisser un dense réseau d'initiatives que le forum des Immédiatiques souhaite mettre en lumière.</p> <p>Les participants au forum proposeront des ateliers et séances de présentation de leurs activités entre chaque table ronde et tout au long de la journée :</p> <p> - le service Démocratie locale, citoyenneté et nouvelles technologies de la Ville de Brest et le Médiablog coopératif <br /><img src="http://www.homo-numericus.net/squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" /> l'association Archipel du Libre <br /><img src="http://www.homo-numericus.net/squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" /> la Cinémathèque de Bretagne <br /><img src="http://www.homo-numericus.net/squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" /> l'association Côte Ouest (Festival européen du film court de Brest) <br /><img src="http://www.homo-numericus.net/squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" /> le CERV (Centre Européen de Réalité Virtuelle) <br /><img src="http://www.homo-numericus.net/squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" /> les Petits débrouillards Bretagne <br /><img src="http://www.homo-numericus.net/squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" /> le Fourneau (Centre National des Arts de la Rue) <br /><img src="http://www.homo-numericus.net/squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" /> la SPIP-party <br /><img src="http://www.homo-numericus.net/squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" /> l'association TGB (Télévision Générale Brestoise)</p> <p><img src="http://www.homo-numericus.net/squelettes-dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" /> et aussi Arte Radio qui installe un « phonomaton » pour recueillir les impressions des festivaliers et propose une séance de montage en public à partir de ce matériau sonore</p> 2008-11-13T08:53:14Z text/html fr