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Des cyber-flics pour le cyberespace

jeudi 4 janvier 2001, par Pierre Mounier

On le
sait depuis longtemps maintenant, quand les marchands investissent
un lieu, la police n’est jamais loin. Le cyberespace n’a pas échappé
à la règle : c’est pour l’essentiel les attaques conduites contre
les grands sites commerciaux américains, entraînant des pertes de
plusieurs millions de dollars, puis les craintes des industries du
disque et du logiciel à l’égard du piratage qui ont incité les polices
à se doter de moyens d’investigation et de répression de ces nouvelles
formes de criminalité.


Il faut dire que jusqu’à récemment les services de police étaient
régulièrement distancés par les hackers notamment, ces derniers ayant
l’avantage de la connaissance du terrain par rapport à des fonctionnaires
peu habitués à l’outil informatique. C’est pourquoi on a vu jusqu’à
récemment des hackers repentis embauchés temporairement par ces services.
Il est notoire que le Defcon, une des rencontres les plus importante
de hackers américains sert aussi de salon de recrutement pour le FBI.


Il est probable qu’on touche aujourd’hui au terme de cette époque
héroïque. De plus en plus, les polices nationales développent leur
propre service, gage de professionnalisation et de la mise en oeuvre
de moyens plus conséquents ; à commencer par les moyens matériels.
Le FBI s’est récemment fait remarquer avec son programme Carnivore,
capable d’intercepter et d’analyser les données électroniques transitant
par les fournisseurs d’accès qui acceptent de collaborer. Carnivore
soulève aux Etats-Unis une intense polémique, similaire à celle provoquée
par le programme Echelon. Les deux programmes sont très proches dans
leur mode de fonctionnement et posent les mêmes questions, notamment
sur la possibilité de contrôler l’usage qui est fait de ces interceptions.
Pour Echelon, on sait les obstacles opposés par la NSA à tout contrôle
parlementaire, ce qui ne rassure guère les associations de droits
civiques américaines en ce qui concerne Carnivore.


Du côté du Ministère de la Justice américain, on trouve le Computer
Crime and Intellectual Property Section (CCIPS), constitué d’une vingtaine
de juristes spécialisé dans le droit informatique. Ce bureau a un
double rôle d’information et d’appui technique auprès des autre services
du département, mais aussi la responsabilité des poursuites sur son
domaine de compétence.


L’Angleterre et la France parient pour leur part sur les moyens humains.
Ces deux pays ont tous deux créé ces derniers mois leur propre service
dédié à la cyber-criminalité. Jack Straw, le ministre britannique
de l’intérieur vient de créer la « National Hi-Tech Crime Unit »,
forte de 80 personnes avec un budget de 275 millions de francs. La
nouvelle unité pourra appuyer ses investigations sur la fameuse « 
Rip Bill », autorisant les écoutes gouvernementales sur les correspondances
mail. En France, c’est le tout nouvel Office Central de Lutte contre
la Criminalité liée aux Technologies de l’Information et de la Communication
(OCLCTIC pour faire court...) qui s’y colle. Créé au sein de la direction
centrale de la police judiciaire par le gouvernement en mai dernier,
l’office est placé sous la direction de Marcel Vigouroux. Il est chargé
de mener des enquêtes sur des crimes et délits informatiques (réprimés
par la loi de 1978 " Informatique et libertés « et de 1988 sur
la délinquance informatique) ou apporter son concours à la répression
de crimes » traditionnels « utilisant des moyens informatiques (la
pédophilie évidemment, mais aussi la criminalité financière ou encore
les cybercasinos). La spécificité française est de s’être dotée très
tôt d’une loi protégeant les individus contre la collecte informatique
de données, avec une autorité - la CNIL - chargée de la faire respecter.
S’il n’y a pas conflit de compétence entre les deux organismes, il
est clair en revanche que l’on risque de voir s’affronter deux philosophies
opposées, comme en témoigne une récente interview de Marcel Vigouroux
dans le magazine Transfert, traitant les fonctionnaires de la CNIL
de » paranoïaques sécuritaires « .


Beaucoup plus à l’Est, on évoquera la Russie, dont les services spéciaux
ne sont pas sans armes en matière de surveillance électronique. Le
programme SORM a pour objectif officiel de lutter contre l’évasion
fiscale et la criminalité financière en forçant les fournisseurs d’accès
à installer une » boîte noire " directement reliée par fibre optique
au siège du FSB. Le procédé a au moins l’avantage de la clarté. Mieux
encore, les forces de sécurité prétendent faire payer l’achat et l’installation
du matériel aux fournisseurs d’accès. Plusieurs associations comme
Citizen’s watch ou Human Rights Network ont engagé une bataille juridique
devant la Cour Suprême qui a récemment déclaré le projet anticonstitutionnel.


La boucle ne serait pas bouclée sans le Japon qui s’apprête à déployer
son propre Carnivore, preuve du succès du système auprès des gouvernements.
On pourra évoquer pour finir les orientations prises par Interpol
qui espère pouvoir étendre son action au crime informatique. La convention
préparée par le conseil de l’Europe sera un atout précieux pour cette
cyber-police internationale.


Liens :
· Un article de
Zdnet sur Interpol

· Deux articles de Digital Freedom Network sur le projet SORM
 : 1 et 2
· L’entretien accordé par Marcel Vigouroux à Transfert
· Le
site de l’OCLCTIC

· Carnivore
sur le site du FBI
· Le site du CCIPS

Messages

  • a l’ocasion des dernierres EVENEMENT EN AMERIQUE , le gouvernement americain veule bien faire une police de net
    pour quil ne soit pas attaqué par les hakers qui sont la plupar d’eux vont donner au monde leurs insatisfaction à propos de la situation actuelle du monde ,
    ce monde qui se divise entre deux categories principales :
    ** les pays riche qui posséde la technologie , et les bombes atomiques
    ****et les pays pauvres qui ne posséde meme pas la nouriture

    l’openion de ses jeunes hakers et dans le bon sens , il ont trouvés dans le net un moyen de liberer ses idées a propos de l’enjeu de ces pays ( qui entretenire la mondialisation ou qui est en voix de la modialisation ) et qui ne cesse meme pas à faire à nuire à des pays pauvres mais aussi à la nature de se monde ( comme par exemple les dechets nuclières de haute radiation , les dioxedes : de carbonne , de soufre ,et les acides de tous genres

    je dis à ces jeunes que son chemin et la meilleure chemin pour protester contre la malaise des pays geants