n France, un
projet de loi du gouvernement (1) prévoit de légitimer les
dispositifs empêchant de graver des disques que vous achetez dans
le commerce. Impossible alors de les écouter sur son ordinateur... Bientôt
peut-être faudra-t-il acheter plusieurs cd d’un artiste : un pour l’écouter
sur son autoradio, un autre sur son ordinateur, un sur son baladeur, un sur
son téléphone, un sur sa chaîne hi-fi... Bref, payer à
l’usage comme le dénoncent les
associations de consommateurs... Pourquoi pas, si le prix des cd fond d’autant ? Mais, cela n’a pas vraiment l’air d’être la politique marketing des
majors du disque ou du cinéma, qui ont plutôt profité de
l’arrivée de nouveaux formats pour copieusement augmenter leurs tarifs
(rappelez-vous du prix des vinyls, des vhs...).
Mais voilà, il suffit d’être un petit peu internautes et l’on comprendra
tout de suite que ce dispositif ne mettra ni fin aux échanges peer-to-peer
(comme Kazaa),
ni à la
copie privée. Ce projet de loi montre combien nos hommes politiques
et les lobbies qui les conseillent
ne connaissent rien à l’internet. Il suffit d’avoir voulu télécharger
un morceau de musique sur internet pour s’en rendre compte. Le moindre logiciel
qui vous permet d’écouter
de la musique, de
transformer vos chansons préférées en Mp3 vous propose
- la plupart du temps avec force explications sur sa page d’accueil - d’écouter
des programmes radios. Vous
avez alors accès à la liste de programmation. Les noms et titres
des chansons s’affichent automatiquement. Vous pouvez enregistrer n’importe
quel morceau d’un clic. Quand vous regardez la source d’un Mp3 sur
Kazaa par exemple, vous verrez qu’ils sont de plus en plus nombreux à
provenir d’une diffusion sur une station de radio. Et si les dispositifs empêchant
de graver les disques se multiplient, ces sources de copies là vont naturellement
exploser. Bref, pour être efficace, les maisons de disques devraient d’abord
faire fermer les radios !
Et pour les films ? C’est exactement la même chose. Même si, la
copie de DVD transformés en DivX
est assez répandue, bientôt, les copies qu’on trouvera sur internet
ne viendrons plus de DVD. Avec les
magnétoscopes numériques, les cartes tuner TV préinstallées,
ce sont les programmes télés eux-mêmes qui seront les premiers
fournisseurs de copie - comme c’est le cas actuellement avec les cassettes de
magnétoscopes... De là à faire fermer les télés...
Faire fermer les radios, les chaînes de télé... Les Majors n’y penseraient pas une seule seconde : elles savent quand même qu’elles ont plus à gagner en diffusant qu’en interdisant. Dans l’économie numérique, il n’y a pas d’intermédiaire, c’est peut-être ce que n’ont pas compris les majors. Dans les systèmes de diffusion traditionnel (télé, radio...), les diffuseurs payent des droits et c’est bien pratique pour les Majors. Dans l’économie numérique, pour l’instant, il n’y a pas d’intermédiaire et ce n’est pas sûr qu’il y en ait un un jour. C’est peut-être aux Majors, aux artistes alors, d’inventer des modèles. En tout cas, l’énergie que mettent les majors dans ces dossiers, sans vraiment les connaître, puisqu’elles apportent d’emblée de mauvaises solutions, nous interroge. Contre quoi se battent les majors ? Contre la nouveauté ? Contre leur manque de créativité marketing ?... Si leurs seules réponses est de brider les cd, qu’ils les brident. A part faire chuter leurs ventes, pour ma part, je ne vois pas en quoi ça va les aider. Mieux vaudrait pourtant essayer de capitaliser les initiatives intéressantes. Pour l’instant elles sont rares, mais elles sont bien plus porteuses de sens et d’avenir.
(1) Le projet de loi en question a été mis en sourdine du fait du tintamarre provoqué. Cela ne veut pas vraiment dire qu’il sera beaucoup modifié.